"De la servitude moderne" dite "Volontaire" - Un Film documentaire de Jean-François Brient et Victor León Fuentes

 

 

Le reportage extraordinaire que vous allez suivre aujourd'hui va nous plonger au plus profond de la condition humaine moderne.


Ce documentaire réalisé par Jean-François Brient et Victor León Fuentes nous plonge au coeur de l'humanité. Sommes-nous réellement des victimes du capitalisme poussé à l'extrême ou, sommes nous aussi de ceux qui tuent la poule aux oeufs d'or ?

La société de consommation nous aurait-elle rendu servile au point ou les pires choix qui se présentent à nous deviennent des choix banales ? Personnes n'irait mettre le feu à son lit tout en continuant à y dormir, pourtant aujourd'hui nous détruisons des forêts, consommons à outrance, polluons les déserts, la mer et même nos habitations et tout cela sans aucun à priori : c'est comme ça, c'est tout !

2009 sera sans conteste l'année de l'écologie : on nous a, durant toute l'année, culpabilisé pour mieux nous mettre face à nos responsabilités. La technique est efficace, les efforts de chacun seront des ruisseaux qui feront les grandes rivières. Le message a été entendu, pour la population mondiale, à l'heure actuelle, l'urgence est écologique, l'horloge tourne et nous nous rapprochons du point de non retour, le point de basculement vers une fin fatalement sinistre et irrémédiable. Mais est-ce que nos gestes quotidiens impactent réellement sur la planète ? Est-ce que les unités de production ralentissent ? Est-ce que les firmes pétrolières pompent moins l'or noir de nos sous-sols ? Est-ce de la stratégie ou la réalité ?

On produit pour consommer et pour consommer...on produit ! C'est la chaîne infernale du consumérisme : pour dépenser, il faut travailler. L'industrie, fleuron du XXième siècle, tous les pays en ont rêvé. Aujourd'hui, les machines tournent à plein régime et derrière la bête, on trouve encore nos petites personnes réduites de plus en plus à quelques gestes passifs et monotones avec à l'horizon une nouvelle télévision écran-plat ou le dernier modèle de chez Peugeot. Il est vrai que cette année plus encore que par le passé les salaires servent moins, en théorie, aux loisirs qu'aux produits de première nécessité mais si les classes précaires souffrent plus, les multinationales continuent de s'enrichir.

Et si nous parlions de la santé...J'entends déjà des foules se lever et brandir du bout des doigts une boite de Tamiflu ! Hier, la santé était un droit, aujourd'hui c'est un produit de consommation comme n'importe lequel, sauf qu'évidemment, on ne peut pas le mettre de coté celui-là ! Les mutuelles et les assurances se battent pour nous vendre de plus en plus de petits plus : « Avec cette option, si votre fils a les oreillons entre 8 ans et demi et 12 ans, nous vous rembourserons la moitié du tiers de votre cotisation de l'année N-1. » : Si ça c'est pas cool !!! Et il y a pire, car aujourd'hui nous rattrapons notre retard sur les pays en voie de développement (et oui, pour une fois on était en retard sur eux !) : si on n'a pas d'argent, on n'a pas de soins ! Et si il faut relancer l'économie, et bien on va sortir une petite pandémie, histoire de dynamiser un peu les ventes !! Je sais, je suis un petit peu ironique, mais ai-je tort ? Peut être...et peut être pas hélas. J'éviterais simplement d'en rajouter en parlant des médecines de confort comme la chirurgie esthétique ou des pseudos-antidépresseurs consommés comme on gave les oies (oups, j'en ai parlé !).

Mais comment sommes nous tous devenus des moutons ? Comment les minorités dominantes font elles pour nous asservir sans que nous réagissions ? Ne sommes nous pas capables de révolutions ? Est-ce que nos votent peuvent faire évoluer notre société ? Apparemment, rien n'y fait et le Monde continue de tourner à la même vitesse et dans le même sens, et mettre un nouveau calife à la place du calife ne changera pas beaucoup la situation : dans la société des dominants, les plus faibles sont vite asservis à leur tour...ou détruit. Et l'argent serait-il le nerf de la guerre ? Le virus du syndrome du pouvoir ? Plus qu'une question, c'est là une évidence. Alors demain sera-t-il pire qu'aujourd'hui ? La société de consommation va-t-elle à son tour nous digérer ?

Je vous souhaite un bon film...

Pour être esclave, 
il faut que quelqu'un 
désire dominer et... 
qu'un autre accepte de servir

Étienne de LA BOÉTIE (1530-1563), DISCOURS DE LA SERVITUDE VOLONTAIRE OU CONTR'UN

 

 

Soyez résolus de ne servir plus, et vous serez libres.

Étienne de LA BOÉTIE (1530-1563), DISCOURS DE LA SERVITUDE VOLONTAIRE OU CONTR'UN

Étienne de La Boétie (/bɔe.si/ ) était un écrivain humaniste et un poète français, né le 1er novembre 1530 à Sarlat et mort le 18 août 1563 à Germignan, dans la commune du Taillan-Médoc, près de Bordeaux.

Discours de la servitude volontaire

Le Discours de la servitude volontaire constitue une remise en cause de la légitimité des gouvernants, que La Boétie appelle « maîtres » ou « tyrans ». Quelle que soit la manière dont un tyran s'est hissé au pouvoir (élections, violence, succession), ce n'est jamais son bon gouvernement qui explique sa domination et le fait que celle-ci perdure. Pour La Boétie, les gouvernants ont plutôt tendance à se distinguer par leur impéritie. Plus que la peur de la sanction, c'est d'abord l'habitude qu'a le peuple de la servitude qui explique que la domination du maître perdure. Ensuite viennent la religion et les superstitions. Mais ces deux moyens ne permettent de dominer que les ignorants. Vient le « secret de toute domination » : faire participer les dominés à leur domination. Ainsi, le tyran jette des miettes aux courtisans. Si le peuple est contraint d'obéir, les courtisans ne doivent pas se contenter d'obéir mais aussi devancer les désirs du tyran. Aussi, ils sont encore moins libres que le peuple lui-même, et choisissent volontairement la servitude. Ainsi s'instaure une pyramide du pouvoir: le tyran en domine cinq, qui en dominent cent, qui eux-mêmes en dominent mille... Cette pyramide s'effondre dès lors que les courtisans cessent de se donner corps et âme au tyran. Alors celui-ci perd tout pouvoir acquis.

Dans ce texte majeur de la philosophie politique, repris à travers les âges par des partis de colorations diverses, La Boétie oppose l'équilibre de la terreur qui s'instaure entre bandits, égaux par leur puissance et qui se partagent à ce titre le butin des brigandages, à l'amitié qui seule permet de vivre libre. Le tyran, quant à lui, vit dans la crainte permanente: n'ayant pas d'égaux, tous le craignent, et par conséquent, il risque à chaque instant l'assassinat. Elias Canetti fera une peinture similaire du « despote paranoïaque » dans son chef d'œuvre, Masse et puissance.

Graffiti à Genève, 2007

Si La Boétie est toujours resté, par ses fonctions, serviteur fidèle de l'ordre public, il est cependant considéré par beaucoup comme un précurseur intellectuel de l'anarchismeet de la désobéissance civile.

Pour comprendre les intentions qui conduisent Étienne de la Boétie à écrire le « Discours de la Servitude Volontaire ou le Contr’un », il faut remonter au drame qui a lieu vers 1548. « En 1539, François Ier, roi de France, tente d'unifier la gabelle. Il impose des greniers à sel près de la frontière espagnole, dans les régions qui en sont dépourvues. En réaction de cette tentative des soulèvements ont lieu. Le premier en 1542, puis le plus grand en 1548 à Bordeaux ». Le connétable de Montmorency rétablit l'ordre de manière impitoyable. Si l’on s’en rapporte à l’écrivain Jacques-Auguste de Thou, ce serait sous l’impression de ces horreurs et cruautés commises à Bordeaux, que la Boétie compose le « Discours de Servitude Volontaire ».

Beaucoup s’imaginent que la servitude est forcée, alors qu’elle est toute volontaire. En tout cas c’est ce que la Boétie veut prouver dans son « Discours ». En effet, la question qu’il se pose, touche à l'essence même de la politique : « pourquoi obéit-on ? ». On admet généralement comme allant de soi l'existence d'un pouvoir absolu et on omet de se demander d'où vient l'obéissance. Un homme ne peut asservir un peuple si ce peuple ne s’asservit pas d’abord lui-même.

Bien que la violence soit son moyen spécifique, elle seule ne suffit pas à définir l’État. C’est à cause de la légitimité que la société lui accorde que les crimes sont commis. Il suffirait à l’homme de ne plus vouloir servir pour devenir libre ; « Soyez résolus à ne plus servir, et vous voilà libres ». A cet égard la Boétie tente de comprendre pour quelles raisons l’homme a perdu le désir de retrouver sa liberté. Le « Discours » a pour but d’expliquer cette soumission.

Tout d’abord la Boétie distingue trois sortes de tyrans : « Les uns règnent par l’élection du peuple, les autres par la force des armes, les derniers par succession de race ». Les deux premiers se comportent comme en pays conquis. Ceux qui naissent rois, en général ne sont guère meilleurs, puisqu’ils ont grandi au sein de la tyrannie. C’est ce dernier cas qui intéresse la Boétie. Comment se fait-il que le peuple continue à obéir aveuglément au tyran ? Il est possible que les hommes aient perdu leur liberté par contrainte, mais il est quand même étonnant qu’ils ne luttent pas pour regagner leur liberté.

La première raison pour laquelle les hommes servent volontairement, c’est qu’il y a ceux qui n’ont jamais connu la liberté et qui sont « accoutumés à la sujétion ». La Boétie décrit dans son « Discours » : « Les hommes nés sous le joug, puis nourris et élevés dans la servitude, sans regarder plus avant, se contentent de vivre comme ils sont nés et ne pensent point avoir d’autres biens ni d’autres droits que ceux qu’ils ont trouvés ; ils prennent pour leur état de nature l’état de leur naissance ».

La seconde raison, c’est que sous les tyrans les gens deviennent « lâches et efféminés ». Les gens soumis n’ont ni ardeur ni pugnacité au combat. Ils ne combattent plus pour une cause mais par obligation. Cette envie de gagner leur est enlevée. Les tyrans essaient de stimuler cette pusillanimité et maintiennent les hommes stupides en leur donnant du « pain et des jeux ». Ces absolutistes iront même jusqu’à dire qu’ils ont le pouvoir de guérir certaines maladies ; par exemple Hugues Capet, le premier Roi de France, prétendait avoir le pouvoir de guérir la maladie des écrouelles.

La dernière raison est sans doute la plus importante, car elle nous dévoile le ressort et le secret de la domination, « le soutien et fondement de toute tyrannie ». Le tyran est soutenu par quelques hommes fidèles qui lui soumettent tout le pays. Ces hommes sont appelés par le tyran pour être « les complices de ses cruautés » ou se sont justement rapprochés du tyran afin de pouvoir le manipuler. Ces fidèles ont à leur tour des hommes qui leur sont obéissants. Ces derniers ont à leur dépendance d’autres hommes qu’ils élèvent en dignité. À ces derniers est donné le gouvernement des provinces ou «le maniement des deniers ». Ce maniement est attribué à ces hommes « afin de les tenir par leur avidité ou par leur cruauté, afin qu’ils les exercent à point nommé et fassent d’ailleurs tant de mal qu’ils ne puissent se maintenir que sous leur ombre, qu’ils ne puissent s’exempter des lois et des peines que grâce à leur protection ».

Tout le monde est considéré comme tyran. Ceux qui sont en bas de la pyramide, les fermiers et les ouvriers, sont dans un certain sens ‘libres’ : ils exécutent les ordres de leurs supérieurs et font du reste de leur temps libre ce qui leur plaît. Mais « s’approcher du tyran, est-ce autre chose que s’éloigner de sa liberté et, pour ainsi dire, embrasser et serrer à deux mains sa servitude » ? En d’autres termes, ceux qui sont en bas de l’échelon sont bien plus heureux et en quelque sorte bien plus ‘libres’ que ceux qui les traitent comme des « forçats ou des esclaves ». « Est-ce là vivre heureux ? Est-ce même vivre ? », se demande la Boétie. Ces favoris devraient moins se souvenir de ceux qui ont gagné beaucoup auprès des tyrans que de ceux qui, « s’étant gorgés quelque temps, y ont perdu peu après les biens et la vie ».

Par ailleurs il est impossible de se lier d’amitié avec un tyran, parce qu’il est et sera toujours au-dessus. « Il ne faut pas attendre de l’amitié de celui qui a le cœur assez dur pour haïr tout un royaume qui ne fait que lui obéir. Mais ce n’est pas le tyran que le peuple accuse du mal qu’il souffre, mais bien ceux qui le gouvernent. » Pour achever son « Discours » la Boétie a recours à la prière. Il prie un « Dieu bon et libéral pour qu’il réserve là-bas tout exprès, pour les tyrans et leurs complices, quelque peine particulière ».

 

Qu'une nation ne fasse aucun effort, si elle veut, pour son bonheur, mais qu'elle ne travaille pas elle-même à sa ruine.

 

 

[Etienne de La Boétie]  
Extrait de Discours de la servitude volontaire

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