~ La tyrannie de l'impudeur - Ivan Rioufol ~


 

Un petit ouvrage court, mais puissant. Un cri de révolte contre la tyrannie de l'impudeur sous toutes ses formes. De l'exhibition à l'amour exagéré de soi-même et au besoin de paraître, en passant par le manque de discrétion, voire de modestie, sous toutes leurs formes, l'auteur passe en revue les multiples occasions de s'insurger contre des dérives qui se retrouvent aujourd'hui à tous les échelons de la société, allant jusqu'à imposer leurs lois. 

La société actuelle souffre ainsi des affres du manque de retenue, de l'insolence, de l'impatience ou du manque d'humilité, pour préférer le règne des apparences, de la médiacratie, de la spontanéité et de l'outrance. 
C'est ainsi que la légèreté, la grossièreté, la provocation et le superficiel remplacent la retenue, l'humilité, l'interrogation et la réflexion pour préférer la recherche du plaisir immédiat, l'excès, le culte du corps et en définitive... l'imposture. 

Plus guère de place au doute, à la modestie et au désintéressement. L'anecdotique, l'égocentrique et le prétentieux règnent en maître. Le minimalisme est promu au rang de création dans le domaine des arts, même s'il ne met en avant que des éléments qui pourraient être jugés futiles, voire vulgaires. 
Et Ivan Roufiol passe en revue l'ensemble des causes qui, de l'école à la vie de tous les jours ont fondé, depuis le tournant de 1968, le culte du «Tout se vaut » et celui de la transparence, au mépris de la profondeur, une société où fausse pudeur et désinvolture se renforcent mutuellement pour combiner leurs effets ravageurs et contribuer ainsi à décridibiliser toujours davantage la recherche de la vérité, en relativisant tout. Effets d'annonce, égalitarisme et surdimensionnement de l'ego encensent la médiocrité et découragent la créativité 

Cependant, dans la troisième et dernière partie de l'ouvrage, l'auteur lance un message d'espoir, affirmant que le manque de repères, de modèles et de vision induisent un besoin de sens, d'explication, que la redécouverte des valeurs, du respect, de la modestie et de l'effort jusque là décriées devraient permettre de retrouver. Un éloge de la lenteur, de l'attente, de la patience, de la morale et des convictions, que de plus en plus nombreux sont les intellectuels à tenter de réhabiliter, devant la révolte qui se prépare contre le jeunisme, le spectacle permanent et toutes les superficialités qui prédominent à l'excès. 
Un essai salutaire, nullement « réactionnaire », au sens que lui donnent les bien-pensants. Au contraire, plein d'une profondeur que certains tenteront certainement de railler, avec la légèreté et l'inconséquence qui les caractérisent.


~ La tyrannie de l'impudeur - Ivan Rioufol ~

Psychonet.fr

Il n'y a pas si longtemps l'impudeur avait un fort accent de sexualité. Aujourd'hui elle se nomme «suffisance», «besoin de paraître». «Moi, je pense que…» clôt les débats où les protagonistes suivent aisément celui qui pense si creux ! Point n'est besoin d'être un sage ou un philosophe qui sépare sévèrement la pensée estimée précise de l'opinion réputée vague. Et si tel ou tel de ces maîtres à penser vogue dans ce milieu, il sert de vache sacrée censée allaiter de son savoir n'importe quel porteur de micro enquêtant sur des problèmes appartenant à des secteurs où il ne règne nullement en maître !

Rares sont ceux qui se taisent et avouent ne rien savoir de pertinent sur la question, pendant que d'autres parlent haut et fort, «pleins d'aplomb» quand ils sont pleins d'une pensée «de plomb». «Nous avons besoin de quitter le «je» pour le «nous», sans nous mettre pour autant à genoux», explique l'auteur. Que cet impératif existentiel dit avec conviction soit donc entendu ! --Psychonet.fr

Quatrième de couverture

Suffisance, amour de soi, besoin de paraître, telle est l'impudeur que nous voulons combattre. Cette vanité collective est née en 1968, avec l'éclosion des concepts d'autogestion, d'autonomie, d'autocontentement. Un individualisme égalitariste et sarcastique en est resté, qui s'est engraissé de quelques principes à la mode : la tranaparence, l'authenticité, l'impertinence. Hommes politiques, intellectuels, journalistes, juges et simples citoyens, nous vivons tous, désormais, sous la tyrannie de l'impudeur, qui impose bruyamment ses références et ses lois. Mais le bilan général est désastreux : tout sonne faux dans cette société livrée aux donneurs de leçons et aux imposteurs. Partout, des signes montrent que les Français, lassés de cette comédie du paraître et de ses faussaires, sont en quête de valeurs sobres et solides. Leur idéal semble aujourd'hui à portée de main.

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