~ Islam, Démocratie & Droits de l'Homme ~

~ Islam, Démocratie et Droits de l'Homme ~

Rapport de Recherche
Par BOUGUERRA Faycel - Sous la Direction de Mme le Professeur BELLOUBET Nicole
Université Sciences Sociales Toulouse I - Master 2 Recherche Droit Public Comparé des Pays Francophones

2006 - 2007

.... Étant donné qu'on ne peut concevoir la démocratie et les droits de l'Homme en dehors du cadre de l'État dans son acception institutionnelle, il est tout à fait logique que l'instauration de l'État, rapprochée parfois par des philosophes comme Hegel à « la venue du Dieu sur terre », serait un priori capital mais toutefois non suffisant. Or, l'instauration de l'État dans son acception institutionnelle et formelle, si l'on suit à la lettre la logique kelsenienne, débauche sur une crise de légitimité et de légalité dans le monde arabo-musulman.

Partant, l'on est enclin à se poser la question suivante : faut-il démocratiser l'Islam ou islamiser la démocratie ?

Les réponses sont dans tous les sens et les azimuts. Les uns disent que pour avancer, faut-il admettre d'emblée et en bloc, pour son propre compte, les principes et idées véhiculés par la modernité.

D'autres disent que ces idées de démocratie, de justice, de droits de l'Homme, de la laïcité, de la liberté individuelle, de la sécularisation sont a priori en contradiction avec l'héritage historique, culturel et politico-juridique arabo-musulman (CHAPITRE I), alors faut-il les aménager pour ainsi chercher une possible conciliation (CHAPITRE II).

L'effort d'aménagement se fait sentir, toutefois il prend différentes voies. Les uns ont choisi de revenir à l'Islam des premiers car, selon eux, la cause de notre faiblesse réside dans le fait qu'on a quitté les enseignements de l'Islam. D'autres réformistes croient en une possible retrouvaille entre l'Islam et ces idées "nouvelles" et ce en revenant aux travaux des écoles de pensée médiévales. D'autres, se proclamant contemporains, ont essayé de confronter l'Islam aux savoirs de nos jours en essayant, tant soit peu pour quelques uns d'entre eux, de fonder la démocratie et les autres principes sur la logique de la laïcité et la sécularisation pure et simple sans aucune référence théologique.

« L'histoire dans son apparence ne fait que réciter les événements. Dans son essence, il invite à la réflexion et à l'enquête », ('Abd Arra'hmann Ibn Kholdoun).


CHAPITRE I : LES GERMES D'UNE CONTRADICTION

L'histoire de l'Islam n'a jamais été homogène. Du coup, elle portait des contradictions avec les idées nouvelles qui guident notre époque. Cela tient à ce que l'Islam a donné au monde une Communauté de foi qui nie l'existence de l'être humain en dehors de l'existence divine. Ces contradictions sont de maints ordres. Ainsi, de l'ordre historique (section I), jusqu'au politique (section II), en passant par l'ordre civilisatio-culturel et juridique, le registre théologique est omniprésent faute de tout envahir.


SECTION I : CONTRADICTION HISTORIQUE ET CIVILISATIO - CULTURELLE

L'Islam a été, et il l'est toujours, accusé d'emporter dans son essence des contradictions avec l'idée de la modernité et du coup avec ses notions satellites. Ces contradictions sont de deux ordres : d'abord, l'on a les contradictions d'ordre historique (A), ensuite, on a les contradictions d'ordre civilisatio-culturelle (B) ...

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