Sur le rapport aux règles et la résistance au positivisme juridique - Emmanuel Picavet (Bernard) - Université Panthéon-Sorbonne (Paris I)

Sur le rapport aux règles et la résistance au positivisme juridique  Par : Emmanuel Picavet

 

PLAN DE L'ARTICLE

 

« Let me ask this : what has the expression of a rule — say a sign post — got to do with my actions ? What sort of connexion is there here ? — Well, perhaps this one : I have been trained to react to this sign in a particular way, and now I do so react to it ».

WITTGENSTEIN, Philosophical Investigations(1953), I, parag. 198

 

Il a été remarqué que l’opposition au positivisme juridique a joué, au vingtième siècle, un rôle structurant pour une certaine constellation de théories de la sphère étatico-juridique[1] [1] Jean-François KERVÉGAN, « De l’effectivité politique...
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. Mais en matière de compréhension du rapport exact entre convictions morales et normativité juridique, les doctrines rivales ne semblent pas en mesure, aujourd’hui, d’offrir une alternative capable de relever le défi du pluralisme des valeurs, dans les Etats démocratiques ayant renoncé à la concrétisation juridique de systèmes de convictions exprimant une conception définie du monde et de la moralité[2] [2] Sur l’intérêt théorique de l’approche relativiste...
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. Je tenterai de montrer que les enjeux d’une interprétation philosophique de la nostalgie anti-positiviste tiennent aux difficultés qui concernent ce qu’est « suivre une règle » et vivre sous l’autorité de règles. Or, ce sont là deux thèmes qui se trouvent au cœur des discussions suscitées par l’œuvre de Wittgenstein et ses prolongements dans la philosophie sociale et politique. Selon l’interprétation présentée ici, les doctrines positivistes offrent des ressources pour aborder, d’une manière assez précise, les difficultés qui causent habituellement leur rejet plus ou moins brutal. Elles pourraient bénéficier du recours à certains aperçus wittgensteiniens.

 Il sera suggéré que le rejet du positivisme normativiste est habituellement motivé par une compréhension trop étroite du rapport à la règle en matière juridico-politique. En particulier, une compréhension qui privilégie le modèle de l’obéissance inconditionnelle et qui passe sous silence à la fois la possibilité du choix conscient de la désobéissance moralement motivée et celle du calcul stratégique de la conduite incorporant le rapport aux règles positives. Mais rien dans les doctrines positivistes normativistes n’implique la mise à l’écart de telles possibilités et le progrès dans l’analyse de celles-ci est l’une des tâches actuelles souhaitables de la théorie des règles. Ainsi, il pourra être utile de se tourner vers les objections anti-positivistes pour mettre en évidence certaines exigences actuelles que l’on peut se proposer dans une optique qui demeure positiviste. Dans cette perspective, on pourra tenter d’identifier les éléments utiles et inutiles que l’on peut tirer des vues du second Wittgenstein sur le rapport aux règles ...

Voir aussi sur ce lien : http://www-ihpst.univ-paris1.fr/fichiers/cv/fr/emmanuel_picavet_111.pdf

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