La philosophie du porc, vision du Nobel en prison Liu Xiaobo

La philosophie du porc, vision du Nobel en prison Liu Xiaobo

Lors d'une récente rencontre avec un diplomate chinois, je lui suggérais l'idée que le prochain président chinois, Xi Jinping, programmé pour prendre ses fonctions l'an prochain, puisse commencer son mandat en graciant Liu Xiaobo, le prix Nobel de la paix emprisonné en Chine. « Vous n'y pensez pas », s'est exclamé mon interlocuteur, « ce serait interprété par les Chinois comme un signe de faiblesse ».

Peu de temps après, je rapportais cette conversation à un intellectuel libéral chinois qui ne fut pas surpris. Il ajouta :

« Ce n'est pas faux, et une libération de Liu Xiaobo serait perçue comme un encouragement à critiquer le gouvernement et le Parti communiste. »

 

Un raisonnement qui, en l'absence d'ouverture politique, condamne Liu Xiaobo à demeurer prisonnier encore de longues années, après sa condamnation à huit ans de prison, en décembre 2009, pour son rôle dans la rédaction et la diffusion de laCharte 08 des dissidents chinois, qui revendique une transformation démocratique pour leur pays.

Restent ses écrits, accessibles pour la première fois pour le public français, grâce àJean-Philippe Béja, sinologue qui connaît personnellement Liu Xiaobo, et qui a choisi et traduit les textes réunis dans un recueil joliment titré « La Philosophie du porc et autres essais », publié par Bleu de Chine, ancienne maison d'édition indépendante désormais dans le groupe Gallimard.

Vaclav Havel : « Votre gouvernement cèdera »

Il faut découvrir et lire les écrits de Liu Xiaobo, ne serait-ce que pour la raison exposée par Vaclav Havel, l'ancien dissident tchèque devenu Président, qui n'est pas resté insensible à la Charte 08 en résonance avec sa propre Charte 77 de l'époque communiste, qui fut un acte de résistance majeur au sein du bloc soviétique. L'ex-dissident tchèque écrit au dissident chinois :

« Je suis persuadé notamment que si le public du monde entier persiste à s'intéresser à votre sort, votre gouvernement cèdera, vous rendra la liberté, et, avec le temps, relâchera également tous les autres prisonniers politiques chinois.

Les autorités de votre pays, qui elles aussi pensent forcément à leurs intérêts, ne manqueront pas de comprendre combien le type de célébrité que leur vaut la persécution de personnes telles que vous les dessert. »

 

Liu Xiaobo : « Les porcs s'endorment quand ils sont rassasiés »

Le titre, « La Philosophie du porc », est tiré d'un des essais de ce recueil, qui remonte à septembre 2000, et qui décrit la stratégie suivie par le Parti communiste depuis la répression sanglante du mouvement démocratique de la place Tiananmen, en juin 1989, auquel participa Liu Xiaobo.

Liu rappelle comment Deng Xiaoping, le patriarche retraité qui avait repris du service pour décider de l'usage de la force contre les occupants de la place Tiananmen, et pour remplacer le réformiste Zhao Ziyang à la tête du Parti communiste chinois, avait relancé quelques temps après les réformes économiques qui ont transformé la Chine en ce qu'elle est aujourd'hui.

Une manière, selon Liu Xiaobo, d'« acheter la mémoire des masses avec la promesse d'“aisance relative” ». Le dissident écrit, avec une plume incisive :

« Dans cette atmosphère d'abrutissement et d'amnésie de toute la nation, les élites ont créé une “philosophie du porc” sous prétexte de “retour vers l'académique” (“xueshuhua”) et de “localisation” (“bentuhua”) pour collaborer avec l'idéologie dominante.

Celle-ci s'adapte fort bien au discours hégémonique qui place “l'édification de l'économie au centre” : elle met toute sa sagesse au service de la “philosophie de l'aisance relative” pour prouver que le seul moyen de développer l'économie consiste à maintenir la stabilité, et démontre la rationalité des échappatoires du type du “droit à l'absence d'Histoire”.

 

En un mot, elle explique comment faire pour que les porcs s'endorment quand ils sont rassasiés, et mangent quand ils se réveillent ; elle les maintient au mieux au stade des besoins primaires, alimentaires et sexuels, sans leur laisser le droit à de plus grandes ambitions. »

 

Et cette phrase accusatrice, encore très actuelle, adressée au régime chinois mais aussi, et peut-être surtout, à ses concitoyens qui acceptent de vivre comme des « porcs » :

« En Chine, pratiquement tout le monde a le courage de défier sans vergogne la morale. Tandis qu'on ne trouve presque personne qui ait le courage moral de défier la réalité sans vergogne. »

 

Liu Xiaobo a eu ce courage, et en paye encore le prix fort. Mais il fait partie d'une infime minorité qui a assumé le risque. Dans une belle introduction, Jean-Philippe Béja, son ami, souligne pourtant :

« Dans une réaction très “havélienne”, ce moraliste affirme qu'il faut vivre dans la vérité. Si tout le monde refuse le mensonge et accepte le léger risque que fait encourir une telle attitude, le régime fondé sur le mensonge s'effondrera. »

 

Face aux révolutions arabes, le « bonheur pour tous » en Chine

S'il avait été en liberté en ce moment, Liu Xiaobo se serait régalé des réactions du pouvoir chinois aux révolutions arabes, et des glissements sémantiques de la novlangue du Parti communiste.

Sur le stand Gallimard au dernier Salon du livre de Paris, en mars 2011 (Pierre Haski/Rue89).Les appels à manifester pour une « révolution de jasmin » en Chine ont semé la panique à Pékin, qui a réagi avec la main très lourde. Des arrestations préventives de dissidents, journalistes, avocats, activistes, qu'ils aient été mêlés ou pas à cet appel à manifester venu de sources non-identifiées, et des policiers présents massivement sur les lieux de protestations désignés sur le Web, dépassant en nombre les hypothétiques manifestants.

Et lors de la dernière grand-messe du parlement chinois, dans le bâtiment massif gréco-stalinien de l'Assemblée nationale populaire, sur la place Tiananmen, un nouveau concept est apparu, celui du « bonheur pour tous », remplaçant celui de l'« aisance relative » qui présidait lorsque Liu Xiaobo a écrit ce texte. Le « bonheur » comme programme, qui n'y souscrirait pas ?

Cette promesse du « bonheur pour tous », faite alors que le monde résonnait de l'écho du soulèvement victorieux des Tunisiens et des Egyptiens, reste dans la logique décrite par Liu Xiaobo dans sa « Philosophie du porc ». Le Parti communiste chinois fait le pari qu'en développant l'économie et en élevant le niveau de vie des Chinois, il tuera dans l'œuf toute demande de réforme politique, et perpétuera son monopole du pouvoir.

La contestation peut aussi venir de la classe moyenne

La leçon qui peut être tirée des révolutions arabes, et il y en a pour la Chine malgré les différences évidentes, c'est qu'un pouvoir fort n'est pas à l'abri des contestations, y compris provenant des classes moyennes bénéficiaires de l'ouverture économique ; que la demande de liberté d'expression, du droit de choisir ses dirigeants, de révulsion face à la corruption et aux inégalités sociales, sont de puissants moteurs, quelles que soient les latitudes.

Dans sa préface à la « Philosophie du porc », Vaclav Havel écrit à son « collègue » Nobel emprisonné :

« Ne vous inquiétez pas de l'issue incertaine de votre combat pour les droits de l'homme, de ne pas savoir si et quand il portera des fruits concrets. Je parle d'expérience : pour notre part, nous nous sommes efforcés de faire des bonnes choses parce qu'elles étaient bonnes, sans calculer l'échéance ou l'importance du profit.

C'est une attitude qui présente plus d'un avantage, prévenant toute possibilité de déception tout en garantissant la bonne foi des efforts consentis. Les manœuvres tacticiennes n'inspirent pas, ou tout au plus d'autres manœuvres. A la lecture de votre Charte 08, je suis persuadé que vous vous rendez compte de tout cela. »

 

Vaclav Havel : « Tirez la leçon de nos tâtonnements »

Le premier président de la Tchécoslovaquie, puis République tchèque post-communiste ajoute un petit conseil personnel :

« Quoi qu'il en soit, vos devriez vous préparer aussi à l'éventualité d'une victoire rapide. En général, j'ai tendance à me méfier de ceux qui pensent trop aux lendemains, mais jusqu'à un certain point, il faut s'y préparer. Là encore, je parle d'expérience.

Ce serait magnifique si, dans votre action, vous arriviez à tirer la leçon des tâtonnements et des troubles que nos pays ont traversés après la chute du pouvoir communiste et à éviter ces accidents de parcours. »

 

Ces lignes, Liu Xiaobo ne les lira pas tout de suite. Il est toujours enfermé dans sa cellule, seul prix Nobel de la paix vivant derrière des barreaux.

Photo : sur le stand Gallimard au dernier Salon du livre de Paris, en mars 2011 (Pierre Haski/Rue89).

 

Liu Xiaobo prix Nobel de la paix malgré la menace de la Chine

Pékin avait envoyé cet été un vice-ministre des Affaires étrangères à Oslo pour mettre en garde le comité Nobel. En vain.

Capture d'écran de la websérie "Tien Anmen : 20 ans de tabou" (ARTE.tv).

Les menaces chinoises n'y ont rien fait : le dissident chinois emprisonné Liu Xiaobo s'est vu attribuer vendredi le prix Nobel de la paix 2010, une claque au régime de Pékin au moment où sa montée en puissance économique affaiblit les critiques vis-à-vis de la situation des droits de l'homme en Chine. Le gouvernement chinois a qualifié ce choix d'« obscène ».

Liu Xiaobo, 54 ans, a été condamné en décembre 2009 à onze ans de prison pour son rôle dans la rédaction et la dissémination de la Charte 08, un texte réclamant la démocratisation de la Chine, signé par plusieurs milliers de personnes (lire le texte intégral). Ce texte est inspiré de la Charte 77 des dissidents tchèques à l'époque communiste, et Vaclav Havel, dissident puis président tchèque, a parrainé la « candidature » de Liu Xiaobo à ce prix Nobel.

Le choix du comité Nobel est certain de déclencher la colère de Pékin, qui avait envoyé un vice-ministre des Affaires étrangères à Oslo, cet été, pour mettre en garde le président du comité Nobel contre les conséquences d'une possible attribution du prix à ce dissident emprisonné. Le vice-ministre avait prévenu que ce choix aurait des conséquences négatives sur les relations sino-norvégiennes.

Les menaces chinoises, qui ont été rendues publiques par le président du comité Nobel lui-même, ont peut-être eu un effet contre-productif, et renforcé la détermination de ces Norvégiens indépendants à récompenser un homme qui envoie à la Chine un message simple : on ne devient pas une superpuissance sans valeurs et sans démocratisation.

« La dernière victime de l'inquisition intellectuelle en Chine »

Liu Xiaobo, qui avait déjà fait plusieurs années de prison après la répression sanglante de Tiananmen, lors du printemps démocratique de Pékin, en juin 1989, est resté inflexible sur ses principes, et prêt à subir les foudres de l'autoritarisme du Parti communiste pour défendre ses idées. 

Lors de son procès, il a fait une remarquable plaidoirie personnelle, dont Rue89 avait publié la traduction française intégrale, dans laquelle il espérait être « la dernière victime de l'inquisition intellectuelle en Chine ». Un texte dans lequel il applaudit aux progrès considérables accomplis par la Chine depuis la fin de l'ère maoïste avec la mort du Grand Timonier en 1976, mais en souligne les lacunes en terme d'état de droit et de respect des valeurs universelles auxquelles il proclame son attachement.

La Chine n'a jamais reçu directement de prix Nobel. En 1989, l'année du massacre de Tiananmen, le prix Nobel de la paix avait été attribué au dalaï Lama, le leader spirituel tibétain exilé en Inde. Et en 2000, l'écrivain Gao Xingjian, exilé en France et devenu citoyen français, recevait le prix Nobel de littérature.

Mais si en 1989 ou en 2000 la Chine pouvait contrôler l'information et éviter que la grande masse des Chinois soient informés de ces prix déplaisants pour le pouvoir, il en va différemment en 2010 avec Internet. La bataille de l'information et du commentaire sur la décision du comité Nobel va donc se dérouler sur la Toile.

Les réactions en Chine

Dans une première réaction plus de deux heures après l'attribution du prix, la Chine a qualifié ce choix d'« obscénité ». Le ministère chinois des Affaires étrangères a estimé dans un communiqué que la remise de la prestigieuse récompense à cet opposant allait à l'encontre des objectifs du Nobel. Il a également affirmé que cette distinction décernée par le comité Nobel nuirait aux relations sino-norvégiennes.

La femme de Liu Xiaobo, Liu Xia, n'a pas pu sortir de chez elle rencontrer les journalistes qui voulaient la voir après l'annonce du prix. Une vingtaine de militants pro-démocratie qui célébraient le prix Nobel de Liu Xiaobo dans un restaurant ont été interpelés par la police.

A Washington, Barack Obama, précédent lauréat du prix Nobel de la paix, a salué dans une déclaration le choix de Liu Xiaobo, et a appelé le gouvernement chinois à le libérer « aussi rapidement que possible ».

Dès vendredi matin, Kaiser Kuo, un blogueur chinois, prédisait que le pouvoir lancerait une offensive sur la toile chinoise pour faire entendre l'« indignation » massive du peuple chinois… On sait que le gouvernement a recours à des internautes payés pour faire passer ses messages sur un espace web devenu un véritable champs de bataille idéologique.

Sur les portails d'information Sina, Sohu et WangYi, les pages consacrées aux différents prix Nobels (même ceux annoncés ces derniers jours) ont désormais disparu, et les télévisions étrangères sont bloquées dès qu'elles abordent le sujet.

Un internaute en Chine nous signale par ailleurs que quand on tape le nom de Liu Xiaobo sur Baidu, le principal moteur de recherche chinois, la première page qui s'affiche porte comme titre la question d'un internaute : « Qui est Liu Xiaobo ? »

A Hong Kong, des manifestants réclament la libération de Xiaobo devant le ministère chinois des Affaires étrangères.

Réactions des citoyens chinois

Selon notre partenaire Aujourd'hui la Chine, au moment de l'annonce, six étudiants de l'université du Peuple présents sur la place Tian'an Men ont brandi des banderoles avec écrit :

« Félicitations à Liu Xiaobo pour sa victoire du prix Nobel de la Paix. »

 

Alors que l'accès aux principales plates-formes de forums locaux semble actuellement ralentie en Chine continentale, beaucoup d'informations remontent par Twitter.

Sur Twitter, plusieurs internautes ont affirmé qu'ils mangeraient du saumon ce soir pour remercier la Norvège, grande exportatrice de ce produit.

L'artiste contestataire Ai Weiwei a exprimé sa joie sur le site de micro-blogging :

« C'est le jour le plus heureux pour la Chine depuis soixante ans. »

 

Toujours sur Twitter, un internaute rapporte qu'à l'annonce de la nomination, une personne a crié « Liu Xiaobo a gagné le prix » dans le métro de Pékin, dans l'indifférence générale : ici, très peu de gens connaissent l'existence du nouveau prix Nobel de la paix.

« C'est une victoire de l'humanité et de la raison, commente un internaute. La Chine a besoin de devenir un Etat de droit. Le communisme arbitraire, c'est fini ! La liberté d'expression et le respect des lois de la constitution sont le futur de la Chine ».

Mais la liesse générale n'est pas partagée par tous.

« Maintenant, le gouvernement chinois va être furieux. S'il coupe complètement Internet, cela sera un désastre pour la démocratie en Chine. »

 

En Chine continentale, les autorités n'arrivent donc pas à contrôler Internet, mais il est actuellement impossible d'envoyer un SMS en chinois contenant les caractères du nom du prix Nobel, 刘晓波.

Chimulus sur Liu Xiaobo.

► Mis à jour le 08/10/10 à 12h45, avec l'ajout des réactions des citoyens chinois.

► Mis à jour le 09/10/10 à 12h30. L'extrait de la websérie « Tien'Anmen : 20 ans de tabou » est retiré à la demande d'Hikari Groupe.

Illustration : capture d'écran de la websérie « Tien Anmen : 20 ans de tabou »(Arte.tv) ; à Hong Kong, des manifestants réclament la libération de Xiaobo ce 8 octobre devant le ministère chinois des Affaires étrangères (Bobby Yip/Reuters) ; dessin de Chimulus.

Ailleurs sur le Web

 

Liu Xiaobo, informé de son prix Nobel, rencontre sa femme en prison

Vendredi, lors de l'attribution du prix Nobel de la paix au dissident chinois emprisonné Liu Xiaobo, certains commentateurs se demandaient si celui-ci apprendrait la nouvelle du fond de sa cellule d'une prison de la province du Liaoning.

La réponse est venue très vite : Liu Xiaobo a été informé par ses geoliers dès le lendemain, samedi, et, ce dimanche, il a pu recevoir la visite de sa femme, Liu Xia, amenée de Pékin par les autorités chinoises.

Liu Xia, qui avait été empêchée vendredi de rencontrer les dizaines de journalistes étrangers venus la voir devant son appartement pékinois, avait été déclarée « disparue ».

En fait, elle a été placée en résidence surveillée, puis emmenée au Liaoning, au nord de la capitale chinoise, rencontrer son mari en prison.

Elle n'a pas fait de déclarations, communiquant simplement par de courts messagessur son compte Twitter. Dimanche soir (heure chinoise), elle a ainsi signalé son retour à Pékin, et donné des nouvelles très brèves :

« Mes frères, je suis revenue à Pékin. J'ai été placée en résidence surveillée le 8. Je ne sais pas quand je serai en mesure de vous revoir tous.

Mon téléphone portable a été endommagé et je ne peux pas recevoir d'appels.

J'ai vu Xiaobo. Il a été informé du prix par la prison le 9. Je vous donnerai d'autres nouvelles avec le temps. Aidez-moi à pousser. Merci. »

 

Un autre dissident, en exil cette fois, Wu'er Kaixi, ancien dirigeant de la place Tiananmen en 1989, a donné quelques détails de plus, là encore sur Twitter qui, quoique bloqué sur le continent, est devenu un vecteur-clé d'informations :

« Liu Xia a vu Liu Xiaobo le 10. Xiaobo savait déjà à propos du prix. Après avoir été informé, il a été ému jusqu'à en pleurer.

Il a dit que son prix appartenait aux âmes de deux qui étaient morts place Tiananmen. »

 

Bien que la réaction du gouvernement ait été très violence -« obscène » disait le communiqué officiel-, et que l'information a été efficacement censurée sur les médias chinois et les réseaux internet du continent, le fait que Liu Xiaobo ait pu rencontrer sa femme dès dimanche pour parler de ce prix constitue un élément signficatif, et plutôt encourageant.

► Rectificatif, le 10/10/10 à 19h00, sur le lieu de détention de Liu Xiaobo

 

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

diplome-1.jpg

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×