Le séminaire, "La bête et le souverain, vol. II" contient d'importants commentaires de l'oeuvre de Maurice Blanchot, notamment la majeure partie de la septième séance (datée du 26 février 2003). Cette séance est prononcée quelques jours après l'incinération de Maurice Blanchot (on pourra aussi se référer à l'éloge funèbre de Blanchot, prononcé par J. Derrida, "A Maurice Blanchot", réédité dans "Chaque fois unique, la fin du monde", Galilée). 

"Je savais surtout que depuis longtemps, depuis aussi longtemps que je me souvienne, et de façon plus imminente ces dernières années, et de façon encore plus menaçante depuis une semaine, donc depuis trois semaines aujourd'hui, que Maurice Blanchot était mourant, d'une mort plus imminente que jamais. Et je savais déjà que qu'il avait déjà opté pour l'incinération. Et de Blanchot mourant, depuis longtemps j'aurais pu dire, comme vous pouvez le lire dans "Le dernier homme" : "Je me suis persuadé que je l'avais d'abord connu mort, puis mourant."
L'incinération de Blanchot vient d'avoir lieu. Selon son voeu, dit-on. L'incinération a eu lieu, avant hier, dans des conditions, dans un paysage et dans un crematorium de province par les plus "unheimlich" qu'on puisse imaginer au XXIè siècle, mais dont je n'ai pas le coeur de parler aujourd'hui. La mort de Blanchot est pour moi, comme pour ses amis, ses lecteurs, et ses admirateurs, un deuil, et comme il se doit pour ce deuil et sans doute pour chaque deuil, un deuil sans mesure, un deuil incommensurable."
J. DERRIDA, "La bête et le souverain, vol. II", p. 250-251