Jean Ziegler : «La Tunisie doit récupérer ses avoirs à l’étranger au lieu de s’endetter.»

 

 



 

Jean Ziegler : «La Tunisie doit récupérer ses avoirs à l’étranger au lieu de s’endetter.»

 

Écrit par Boualem Alami avec TAP    Vendredi, 17 Juin 2011 11:08  

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Jean Ziegler, un pourfendeur du système bancaire suisse et des ses douteuses complicités (DR).

Lors d’une université d’été organisée jeudi à Tunis, l’auteur de La Suisse lave plus blanc a estimé que les avoirs tunisiens détournés et déposés à l’étranger par des membres du régime de Ben Ali suffiraient pour « relancer l'économie tunisienne et assurer la transition démocratique en toute sécurité ». Pour lui, il n’y a nul besoin pour la Tunisie de contracter sur le marché mondial des prêts à des taux d'intérêt élevés.

 

La Tunisie doit récupérer son argent détourné par le régime de Ben Ali au lieu d'aller vers l'endettement pour mener la difficile phase de transition démocratique. C'est là, en substance, le conseil adressé aux autorités tunisiennes par Jean Ziegler, membre du comité consultatif du Conseil des droits de l'homme de l'ONU et une des personnalités les plus critiques envers l’action des institutions financières internationales dans les pays en développement.

« La Tunisie, qui vient de réaliser une révolution inédite contre la dictature, doit compter sur la récupération de son argent transféré à l'étranger plutôt que sur l'endettement afin d'assurer sa transition démocratique », a affirmé l’auteur de La Suisse lave plus blanc, lors d’une université d'été organisée à Tunis avec pour thème : « Quelle politique sociale pour un pays en transition démocratique ? Cas de la Tunisie ».

Jean Ziegler a jugé que « le plan de transition préparé par les économistes tunisiens est intéressant, mais demeure confronté au défi du financement ». Selon lui, l'endettement peut encore compliquer la tâche du gouvernement de Caïd Essebsi, qui tente de redresser une économie déjà en difficulté. L’alternative ? Un audit des avoirs tunisiens transférés illégalement à l'étranger et qui ont gonflé la dette extérieure du pays. « Cet argent suffira à relancer l'économie tunisienne et à assurer la transition démocratique requise en toute sécurité et sans besoin de s'adresser au marché mondial à des taux d'intérêt trop élevé », a-t-il tranché. Mieux, le gouvernement de transition doit «  maintenir la pression sur les pays détenant des comptes personnels des membres de l'ancien régime afin de récupérer l'argent volé au peuple tunisien ».

« La Suisse, qui polarise 27% des fonds off-shore mondiaux, rechigne sous la pression de son oligarchie bancaire à restituer l’ensemble des fonds spoliés à la Tunisie», a-relevé, lors de la même université d’été, Sami Remadi, président de l’Association tunisienne pour la transparence financière (ATTF). Il a indiqué que l’estimation du volume des avoirs tunisiens placés illicitement en Suisse à 60 millions de francs suisses reste en-deçà de la réalité : « Il existe des preuves que l’essentiel (de ces avoirs) ont été placés dans des comptes étrangers grâce à des porteurs d’argent liquide, détenteurs de passeports diplomatiques et non soumis aux contrôles des douanes ».

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