Tunisie, Caïd Essebsi fustige le climat de suspicion et balaie les critiques

Tunisie : Essebsi dit "faire l'impossible"

 

Par Europe1.fr avec AFP


 Confronté à un mécontentement croissant, le Premier ministre tunisien Béji Caïd Essebsi a assuré jeudi que son gouvernement faisait "l'impossible" pour mener à bien la transition et conduire le pays aux premières élections de l'après Ben Ali, prévues le 23 octobre. Dans un discours à la Nation en forme de plaidoyer pro-domo, le Premier ministre a défendu pendant 40 minutes le bilan de son équipe, aux commandes depuis fin février dans un contexte "très difficile".

Tunisie, Caïd Essebsi fustige le climat de suspicion et balaie les critiques



Publié le Jeudi 18 Août 2011 à 12:50

Béji Caïd Essebsi. Pas d’annonces décisives ce jeudi dans le discours de Béji Caïd Essebsi au Palais des congrès devant les représentants des partis politiques et des organisations de la société civile. Mais, une confirmation de la situation difficile que traverse le pays. Interpelé au début de son discours par le représentant d’un parti, le Premier ministre le renvoie  dans les cordes avec virulence, et poursuit ses propos.

Le chef du gouvernement provisoire dit avoir décidé "de rompre le silence et de mettre les points sur les I pour couper court aux calomnies, au climat de suspicion et aux attaques et invectives contre les hommes d’Etat". "Les langues se sont déliées, et cette attitude a été celle même des plus sages, qui ont connaissance de la notion de l’Etat, et qui ont assumé de grandes responsabilités dans des ministères de souveraineté", regrette-t-il, en allusion claire à Ahmed Mestiri, dans ses critiques contre le gouvernement. 

"Si l’on veut juger ce gouvernement, que l’on soit des témoins justes, et non de faux témoins", assène-t-il, martelant que ce gouvernement s’est formé dans des conditions exceptionnelles, et a suivi une feuille de route dont le premier but est l’organisation des élections de l’Assemblée nationale constituante, libres et transparentes. "Excepté cela, ce gouvernement est provisoire et sa mission est l’expédition des affaires courantes. Il n’est pas appelé à mener de grandes réformes ni en matière de justice, ni ailleurs", dit-il, balayant les critiques de ceux qui attestent de l’échec du gouvernement. 

Pour Béji Caïd Essebsi, ce gouvernement est le meilleur que la Tunisie n’ait jamais connu, à l’exception du gouvernement de l’indépendance. Il met à son actif, l’organisation dans de bonnes conditions des examens de fin d’année, dont le baccalauréat, la poursuite de l’approvisionnement normal du marché en ce Ramadan, bien qu’on ait une guerre à nos frontières, la signature d’une convention d’augmentation salariale avec l’UGTT. "Mais des insuffisances persistent. Ce sera le rôle de ce gouvernement ou de celui qui lui succèdera d’y parer", préconise-t-il. 

A ceux qui rouspètent :  Pourquoi ne procède-t-on pas aux jugements à l’égyptienne, il rétorque "l’Egypte est gouvernée par un régime militaire, alors qu’en Tunisie, le régime est civil et la révolution est civile et le restera". 

Béji Caïd Essebsi qui s’est concerté hier avec douze partis politiques, membres de la haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, s’en félicite du sens de la responsabilité et des propositions concrètes. Il promet de rencontrer les représentants des autres partis, auxquels il reproche de ne pas appuyer la transition démocratique. 

Il dit que son gouvernement fait de son mieux pour respecter les revendications populaires, dont la réforme de la justice et le jugement des symboles de l’ancien régime. "L’indépendance de la justice est respectée", affirme-t-il, "nous ne sommes jamais immiscés dans les affaires de justice, il y a une association et un syndicat des magistrats, ils ont pris des mesures notamment l’établissement d’une liste des magistrats corrompus, nous leur ont demandé de nous livrer cette liste. Dès lors, le ministère de la justice prendra des mesures conservatoires, écartera les personnes concernées et leur donnera la possibilité de se défendre devant les conseils de discipline". Il admet la lenteur en matière de jugement, bien que l’effectif des juges d’instruction soit passé de 11 à 23 et promet que les deux mots d’ordre récurrents "dégages" et  "le peuple veut" seront respectés dans la mesure du possible. 

Concernant les symboles de l’ancien régime, il rappelle que "le RCD a été dissous, ses symboles ont été exclus de l’opération électorale, et ont subi une punition collective". Il reconnait qu’"il y ait des symboles de l’ancien régime qui demeurent libres, se promènent dans les plages, ce qui peut constituer une provocation pour l’opinion publique". "Nous avons demandé à la haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution de nous préparer une liste de ces symboles, sur la base de laquelle, les mesures conservatoires nécessaires seront prises". 

Béji Caïd Essebsi ne se lasse pas de le réitérer : "le legs est difficile, il nous faut dix ans pour pouvoir trouver des solutions à cette situation inextricable". Il rappelle le programme économique et social élaboré par le gouvernement pour réduire le déséquilibre régional et réduire le chômage, regrettant que la démarche du gouvernement pour le financer ait provoqué une tempête. "Qu’il agisse ou non, le gouvernement est critiqué", déplore-t-il, citant la loi sur la profession d’avocat dont l’approbation par le gouvernement a suscité des grincements de dents.

"L’essentiel est de réussir les élections du 23 octobre, à défaut ce sera l’échec du gouvernement, et l’échec de la révolution", martèle-t-il, en mettant un bémol : "j'ai des assurances pour que cette échéance se déroule dans de meilleures conditions". Il n'en démord pas : "Nous sommes accusés de la confiscation des acquis de la révolution, alors que nous sommes les meilleurs protecteurs de cette révolution, ceux qui en défendent le mieux les acquis et préviennent les dérapages". Et de préciser : "La révolution était spontanée sans encadrement idéologique, ni religieux, elle a été faite contre le despotisme, et non pas pour encourager les communistes, les salafistes ou autres". 

"La Tunisie traverse un virage dangereux, et a besoin de solidarité et de cohésion et non de suspicion", souligne-t-il. "Ce gouvernement partira le 23 octobre ou quelques jours après, sitôt l’assemblée constituante sera installée", réitère le Premier ministre.  "Nous soutiendrons le choix du peuple, et les résultats issus des urnes, quels qu’ils soient, tant que le scrutin se déroule dans de bonnes conditions". Un discours qui s’achève sur un engagement,  mais qui laisse sur leur faim des représentants de partis et de la société civile : "nous sommes venus pour échanger les points de vue", crient des voies féminines. Peine perdue, Béji Caïd Essebsi s’en est allé, laissant derrière lui une salle un tantinet bouillonnante.

H.J.

خطاب خطاب السيّد الوزير الأوّل بالحكومة المؤقّتة الباجي القائد السّبسي كاملا

 

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